Original: https://fetlife.com/users/5413261/posts/5716835 (Master Arden, 13.07.2019)

Les arts militaires et les arts martiaux enseignent "la suppression de la douleur", les anthropologues dĂ©crivent des Ă©tats "hypnotiques" lors de certains rituels douloureux, et les neuro-scientifiques ont Ă©tudiĂ© "l’intĂ©gration multi-sensorielle corporelle perturbĂ©e" lors d’évĂ©nements mettant la vie en danger et d’expĂ©riences de mort imminente (EMI).

Quel que soit son nom, le "subspace" est un élément physiologique décrit et étiqueté depuis longtemps en dehors du BDSM.

David Livingstone, le missionnaire de l'époque victorienne, livre un récit saisissant de l'état particulier dans lequel il fut plongé lors de l'attaque d'un lion :

"Sursautant et me tournant Ă  moitiĂ©, je vis le lion au moment mĂȘme oĂč il s'apprĂȘtait Ă  bondir sur moi. Je me trouvais sur une lĂ©gĂšre Ă©minence ; il m'agrippa l'Ă©paule en plein bond et nous chutĂąmes tous deux au sol. Grognant de façon effroyable tout prĂšs de mon oreille, il me secouait comme un terrier secoue un rat. Le choc provoqua une stupeur semblable Ă  celle qu'Ă©prouve apparemment une souris aprĂšs la premiĂšre secousse infligĂ©e par le chat.

Cela engendra une sorte d'état onirique, exempt de toute douleur ou terreur, bien que je fusse parfaitement conscient de ce qui se passait. C'était comparable à ce que décrivent les patients partiellement sous l'effet du chloroforme : ils voient toute l'opération mais ne sentent pas le scalpel.

Cet Ă©tat singulier ne rĂ©sultait d'aucun processus mental. La secousse anĂ©antit la peur et empĂȘcha tout sentiment d'horreur lorsque je regardai la bĂȘte. Cet Ă©tat particulier survient probablement chez tous les animaux tuĂ©s par des carnassiers ; s'il en est ainsi, il s'agit d'une disposition bienveillante de notre CrĂ©ateur pour attĂ©nuer la douleur de la mort." [x333] 

1. Termes BDSM utilisés dans cet article

Par souci de clarté et de commodité, les termes utilisés dans le présent article sont définis comme suit :

subzone : Un Ă©tat psychologique (Ă©motionnel) altĂ©rĂ©, oĂč une personne est souvent inerte ou muette, et plus influençable.

subspace : un Ă©tat physiologique "semblable Ă  la transe" induit chimiquement par la libĂ©ration par le systĂšme nerveux sympathique d’épinĂ©phrine, d’endorphines et d’autres produits chimiques dans le cerveau et le systĂšme nerveux, dans une rĂ©ponse "se battre ou fuir" Ă  une stimulation physique et Ă©motionnelle sĂ©vĂšre.

subdrop : Un Ă©tat physiologique de sevrage chimique souvent ressenti 2 Ă  3 jours aprĂšs avoir expĂ©rimentĂ© le subspace, qui prĂ©sente une variĂ©tĂ© de symptĂŽmes, y compris, mais sans s’y limiter, la fatigue, la culpabilitĂ©, la dĂ©pression, l’hypersensibilitĂ©, l’insomnie et les symptĂŽmes physiques pseudo-grippaux.

TolĂ©rance au subspace : la tolĂ©rance est un concept pharmacologique dĂ©crivant la baisse de rĂ©action d’un individu Ă  un mĂ©dicament suite Ă  son utilisation rĂ©pĂ©tĂ©e, ce qui peut entraĂźner une augmentation de la dose individuelle pour rĂ©amplifier les effets du mĂ©dicament, mais entraĂźne souvent une accĂ©lĂ©ration de la tolĂ©rance, rĂ©duisant davantage les effets du mĂ©dicament.

DĂ©pendance/Addiction au subspace : En pharmacologie, c’est un Ă©tat adaptatif qui se dĂ©veloppe Ă  partir de l’administration rĂ©pĂ©tĂ©e de mĂ©dicaments, qui entraĂźne un sevrage lors de l’arrĂȘt de la consommation de drogues. La dĂ©pendance, qui est physique, et l’addiction, qui est neurologique, sont indĂ©pendantes l’une de l’autre, mais souvent corrĂ©lĂ©es.

Aftercare : c’est le temps et les efforts nĂ©cessaires aprĂšs une scĂšne BDSM Ă©prouvante physiquement et psychologiquement pour rĂ©cupĂ©rer et rĂ©pondre aux besoins Ă©motionnels et physiques du bottom et revenir lentement Ă  la rĂ©alitĂ©.

2. Le Subspace est un état provoqué chimiquement

Le corps humain est un systĂšme Ă©lectrochimique et le "subspace" physiologique est un Ă©tat biologique et mental naturel, spĂ©cifique Ă  l’évolution chez les animaux, qui sert de rĂ©ponse protectrice pour faire face Ă  des quantitĂ©s importantes de douleur par la libĂ©ration d’endorphines, des molĂ©cules endogĂšnes.

Au sein des pratiques BDSM, en particulier lorsque l'on inflige une douleur intense, la libĂ©ration d'endorphines — ces neuropeptides opioĂŻdes endogĂšnes qui agissent sur les systĂšmes nerveux central et pĂ©riphĂ©rique pour attĂ©nuer la douleur et induire euphorie ou analgĂ©sie — amĂšne le ou la partenaire « bottom » Ă  entrer dans un Ă©tat de conscience modifiĂ©, caractĂ©risĂ© par une dĂ©charge d'endorphines, une saturation du systĂšme ocytocinergique et une excitation accrue.

Ces endorphines, qui sont produites par l’hypophyse, ressemblent chimiquement Ă  la morphine et Ă©taient initialement appelĂ©es "morphine endogĂšne". Depuis lors, les scientifiques ont identifiĂ© et nommĂ© cinq types diffĂ©rents d’endorphines, qui sont tous prĂ©sents naturellement dans le corps humain et chez la plupart des animaux.

ComposĂ©es de trois composĂ©s chimiques naturels, les endorphines sont libĂ©rĂ©es dans le corps en grande quantitĂ© pendant les pĂ©riodes de stress ou de douleur et se lient aux rĂ©cepteurs opioĂŻdes du cerveau afin d’inhiber la communication des signaux de douleur. Ils sont Ă©galement libĂ©rĂ©s Ă  plus petites doses, pendant l’exercice physique, le rire et les rapports sexuels.

Cette libĂ©ration d’endorphine entraĂźne non seulement une rĂ©duction de la perception de la douleur et une sensation d’ĂȘtre dĂ©connectĂ© de son corps, mais Ă©galement un Ă©tat Ă©motionnel agrĂ©able, euphorique, voire bĂ©at, trĂšs similaire Ă  celui produit par d’autres opioĂŻdes.

“Comme l’augmentation des hormones et des produits chimiques a provoquĂ© un Ă©tat de transe, Ă  la fin du jeu le soumis peut se sentir hors de son corps, dĂ©tachĂ© de la rĂ©alitĂ©. Alors que le systĂšme du soumis cesse de produire des drogues de type morphine et que son systĂšme nerveux parasympathique se remet en marche, le soumis peut ressentir un Ă©puisement profond, une forte baisse de tempĂ©rature, ainsi qu’une incohĂ©rence et un manque de coordination. Dans le BDSM, cela est communĂ©ment appelĂ© « drop » (la chute) ou « subdrop » ” (Dexter, 2012) [xxx?]

Dans le systĂšme nerveux pĂ©riphĂ©rique (SNP), les bĂȘta-endorphines produisent une analgĂ©sie en se liant aux rĂ©cepteurs opioĂŻdes (en particulier du sous-type mu) au niveau des terminaisons nerveuses prĂ©- et post-synaptiques, exerçant principalement leur effet par liaison prĂ©synaptique. Lorsqu’elles sont liĂ©es, une cascade d’interactions entraĂźne une inhibition de la libĂ©ration des tachykinines, en particulier de la substance P, une protĂ©ine clĂ© impliquĂ©e dans la transmission de la douleur. Dans le SNP, les rĂ©cepteurs mu-opioĂŻdes sont prĂ©sents dans les nerfs pĂ©riphĂ©riques et ont Ă©tĂ© identifiĂ©s dans les terminaisons centrales des neurones affĂ©rents primaires, les fibres nerveuses sensorielles pĂ©riphĂ©riques et les ganglions de la racine dorsale. Dans le systĂšme nerveux central, les bĂȘta-endorphines se lient de la mĂȘme maniĂšre aux mu-opioĂŻdes rĂ©cepteurs et exercent leur action primaire au niveau des terminaisons nerveuses prĂ©synaptiques. Cependant, au lieu d’inhiber la substance P, ils exercent leur effet analgĂ©sique en inhibant la libĂ©ration de GABA, un neurotransmetteur inhibiteur, entraĂźnant une production excessive de dopamine. La dopamine est associĂ©e au plaisir. Dans le SNC, les rĂ©cepteurs mu-opioĂŻdes sont les plus abondants dans les circuits de contrĂŽle de la douleur descendants, y compris l’amygdale, la formation rĂ©ticulaire mĂ©sencĂ©phalique, la matiĂšre grise pĂ©riaqueducale (PAG) et la moelle ventrale rostrale. (Sprouse-Blum, Smith, Sugai, Parsa ; Comprendre les endorphines et leur importance dans la gestion de la douleur) [x031]

3. Méthodes pour atteindre le sous-espace

Bien que recevoir de la douleur dans une scÚne S&M, en particulier les scÚnes d'impact, soit la méthode la plus courante pour atteindre le sous-espace, il existe d'autres moyens d'y arriver, qui sont moins courants, sur lesquels je développerai lorsque j'aurai le temps dans le futur. :)

4. Déroulé du subspace

Les nombreux niveaux physiologiques, ou stades, du subspace dĂ©pendent de ‹a) La quantitĂ© de mĂ©lange chimique qui pĂ©nĂštre dans la circulation sanguine, ‹b) La vitesse Ă  laquelle les produits chimiques sont entrĂ©s dans la circulation sanguine, ‹c) La tolĂ©rance et l’adaptation Ă  ces produits chimiques, et ‹d) Le poids, la physiologie et le mĂ©tabolisme du corps.

En raison des risques encourus, savoir Ă  quelle Ă©tape se trouve le bottom pendant son expĂ©rience de subspace est l’une des responsabilitĂ©s les plus importantes du top. Je considĂšre gĂ©nĂ©ralement les Ă©tapes ci-dessous, mais j’ai vu plusieurs approches efficaces.

  1. 1.

    PrĂ©paration initiale : Au dĂ©but de la stimulation [de la douleur], certains produits chimiques commencent Ă  pĂ©nĂ©trer dans la circulation sanguine. Dans les niveaux plus lĂ©gers du subspace, il reste un peu de concentration [de la part du bottom] , des sensations sont [encore] ressenties et l’interaction [top / bottom] est [encore] possible. Une rĂ©ponse sexuelle et un orgasme sont encore possibles et peuvent ĂȘtre amplifiĂ©s, comme si vous deveniez "ivre", mais pas tout Ă  fait encore.

  2. 2.

    Étape prĂ©-subspace : Ă  mesure que la stimulation devient plus intense, la plupart des gens sont moins rĂ©actifs, entre autre sur le plan sexuel. Alors que quelqu’un pourrait ĂȘtre complĂštement excitĂ©, la concentration physiologique nĂ©cessaire pour atteindre l’orgasme sera de plus en plus bloquĂ©e par les produits chimiques provoquant le subspace. C’est le point d’entrĂ©e dans le subspace et cela s’apparente Ă  ĂȘtre "vraiment pompette", la premiĂšre Ă©tape de "se sentir bien" avant l’ivresse.

  3. 3.

    Etat de subspace : Au plus fort de la stimulation, lorsque les niveaux les plus profonds de l’état chimiquement induit sont atteints, la plupart des gens perdent la capacitĂ© de parler ou de communiquer efficacement, ont les yeux vitreux et ne rĂ©pondent plus [aux stimulations]. La plupart des gens Ă©prouvent un Ă©tat de "transe", une expĂ©rience hors du corps, un sentiment de dĂ©tachement de la rĂ©alitĂ©, une surcharge sensorielle chaude et floue, entre autres. Certains soumis rapportent une sensation de "voler", qui est un Ă©tat hallucinogĂšne et altĂ©rĂ©, probablement causĂ© chez ceux qui se concentrent intensĂ©ment Ă  procurer du plaisir Ă  leur Dominant pendant le subspace, ce qui peut ĂȘtre une expĂ©rience profonde. Inutile de dire qu’ĂȘtre actif sexuellement, sans parler d’atteindre l’orgasme, est impossible, Ă  de rares exceptions prĂšs, pour les soumis dans le subspace. Bien que cela ressemble Ă  ĂȘtre "ivre", c’est plus proche d’ĂȘtre sous l’effet des opiacĂ©s. ‹

    • REMARQUE : C’est un mensonge de dire aux soumis qu’ils "devraient pouvoir avoir des relations sexuelles ou atteindre l’orgasme dans le subspace".

  4. 4.

    Épuisement post-subspace : aprĂšs l’arrĂȘt de la stimulation, lorsque les endorphines et autres produits chimiques commencent Ă  quitter le corps, et que le systĂšme nerveux parasympathique entre en jeu, un Ă©puisement profond ainsi que divers degrĂ©s d’incohĂ©rence se produisent gĂ©nĂ©ralement. D’autres symptĂŽmes tels que la sensation de froid, des frissons et des pleurs peuvent Ă©galement survenir. Il est prĂ©fĂ©rable de commencer l’aftercare AVANT que les symptĂŽmes ne commencent et de le maintenir aussi longtemps que nĂ©cessaire, ce qui demande gĂ©nĂ©ralement 60 Ă  90 minutes et parfois plus. La rĂ©ponse la plus courante, et probablement le meilleur rĂ©sultat, est que le soumis tombe dans un sommeil profond.

  5. 5.

    Subdrop : 1 à 3 jours aprÚs le subspace, de nombreuses personnes éprouvent un état physiologique de sevrage chimique, communément appelé subdrop. Toutes choses étant égales par ailleurs, plus le subspace est profond, plus le sevrage se produit et plus le subdrop est important.

  6. 6.

    TolĂ©rance et dĂ©pendance : Comme pour tous les Ă©tats induits chimiquement, de nombreuses personnes dĂ©veloppent une tolĂ©rance mĂ©dicamenteuse aux produits chimiques du subspace au fil du temps et avec une utilisation rĂ©pĂ©tĂ©e. Il est Ă©galement possible de dĂ©velopper une dĂ©pendance Ă  la drogue et/ou une addiction. La quantitĂ© et le niveau [d’états induits dĂ©clenchant la dĂ©pendance] dĂ©pendent entiĂšrement de l’individu, mais gĂ©nĂ©ralement plus de 2 Ă  4 fois par mois, pour la plupart des personnes en bonne santĂ©, peuvent avoir des consĂ©quences Ă  long terme. Alors, partez en subspace de maniĂšre responsable !

Gestion du subdrop

Une fois la scĂšne terminĂ©e, l'Ă©tat de « lutte ou fuite » se dissipe et les taux de cortisol, d'adrĂ©naline, d'endorphines et d'ocytocine redescendent progressivement Ă  leur niveau de base. Souvent, deux ou trois jours aprĂšs avoir vĂ©cu un Ă©tat de subspace, la personne ressent des symptĂŽmes physiologiques comparables Ă  un sevrage chimique, notamment — sans s'y limiter — de la fatigue, de la culpabilitĂ©, de la dĂ©pression, de l'hypersensibilitĂ©, de l'insomnie et des symptĂŽmes physiques semblables Ă  ceux d'une grippe. En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, plus l'Ă©tat de subspace a Ă©tĂ© profond, plus la « redescente » (subdrop) est intense.

L'ACCOMPAGNEMENT POST-SCÈNE (AFTERCARE) : Une gestion efficace du subdrop commence par les soins apportés immédiatement aprÚs la fin de la scÚne. Ces soins permettent à la chimie cérébrale du ou de la partenaire soumis(e) (bottom) de commencer à se stabiliser, favorisant ainsi un retour progressif à un état mental normal et atténuant les effets de la redescente. Il ne s'agit toutefois que de la premiÚre étape d'un soutien émotionnel visant à aider la personne à intégrer l'expérience vécue ; cet accompagnement permet de réduire le sentiment de perte ou d'abandon, de réguler les hormones clés et, plus globalement, de gérer le subdrop.

GESTION DE LA CHIMIE CÉRÉBRALE : Une façon d'aborder la gestion de la chute d'humeur (« subdrop ») consiste Ă  rĂ©guler certaines hormones clĂ©s :

  • Endorphines : Augmentez votre taux d'endorphines grĂące Ă  des activitĂ©s de faible intensitĂ© sollicitant le systĂšme de rĂ©compense du cerveau, comme Ă©couter de la musique apaisante, se faire masser, s'Ă©tirer ou consommer ses aliments prĂ©fĂ©rĂ©s. L'intimitĂ© physique non sexuelle et la musique douce sont Ă©galement bĂ©nĂ©fiques.

  • Ocytocine : Augmentez votre taux d'ocytocine grĂące aux contacts doux, aux cĂąlins, aux caresses, aux paroles rĂ©confortantes, aux marques d'affection, Ă  l'Ă©coute de musique apaisante, Ă  une lĂ©gĂšre exposition au soleil, etc.

  • Dopamine : Augmentez votre taux de dopamine en stimulant le circuit de la rĂ©compense, notamment en recevant des compliments et en exprimant de la gratitude ainsi que de l'admiration.

  • Cortisol : RĂ©duisez votre taux de cortisol grĂące Ă  des activitĂ©s relaxantes telles que la respiration profonde, la mĂ©ditation, les bains chauds, la musique douce et les environnements apaisants.

ATTACHEMENT : Adapter les soins post-traumatiques Ă  la neurochimie individuelle peut attĂ©nuer l’intensitĂ© de la dĂ©pression post-traumatique. La biochimie de cette dĂ©pression souligne l’importance de gĂ©rer les phases d’euphorie et de dĂ©pression pour une santĂ© et un fonctionnement optimaux.

  • Attachement sĂ©curisé : Les personnes ayant un attachement sĂ©cure possĂšdent une meilleure rĂ©gulation Ă©motionnelle interne, avec une rĂ©activitĂ© au cortisol plus faible face au stress et des niveaux d’ocytocine plus stables, ce qui leur permet de mieux gĂ©rer la dĂ©pression post-traumatique.

  • Attachement anxieux : Les personnes trĂšs anxieuses ont besoin de plus de contact physique, de rĂ©confort et de rĂ©assurance pour rĂ©tablir la production d’ocytocine et attĂ©nuer le stress, car elles rĂ©agissent davantage aux menaces et libĂšrent plus de cortisol, ce qui signifie que leur dĂ©pression post-traumatique est probablement plus instable Ă©motionnellement.

  • Attachement Ă©vitant : Les personnes ayant un attachement Ă©vitant peuvent prĂ©fĂ©rer la sĂ©paration physique aprĂšs des scĂšnes traumatisantes, ce qui entraĂźne une baisse des niveaux d’ocytocine et inhibe les processus de crĂ©ation de liens affectifs, alors qu’elles ont besoin de proximitĂ© et de cĂąlins pour normaliser leurs hormones.

  • Attachement dĂ©sorganisé : les personnes ayant subi un traumatisme passĂ© peuvent ĂȘtre dĂ©rĂ©gulĂ©es, voire retraumatisĂ©es, par une scĂšne et ont besoin d’une quantitĂ© extraordinaire d’ocytocine et de dopamine pour contrebalancer l’hyperactivitĂ© de leur systĂšme nerveux sympathique.

Éviter la dĂ©pendance et l'accoutumance au « subspace » : Pour beaucoup de gens, Ă  mesure que l'organisme dĂ©veloppe une tolĂ©rance naturelle aux substances chimiques responsables du « subspace » et met en place des mĂ©canismes pour y faire face, il s'adapte Ă©galement mieux au sevrage de ces substances lors du « subdrop ». C'est un sujet intĂ©ressant que je dĂ©velopperai lorsque j'en aurai le temps.

5. Erreurs communes sur le subspace et le subdrop

  • Raccourcis sur le subspace : Étant donnĂ© que les corps sont uniques dans la façon dont ils gĂšrent le stress, il est raisonnable que les descriptions du sous-espace soient aussi variĂ©es que ce que les gens font pour amener quelqu’un dans le subspace. Ceci est similaire Ă  la façon dont diffĂ©rentes personnes peuvent rĂ©agir aux opiacĂ©s. Le meilleur conseil est, mĂȘme pour les dominants expĂ©rimentĂ©s et entraĂźnĂ©s, de prendre son temps pour comprendre la physiologie spĂ©cifique du soumis.

  • Subspace mal dĂ©signé : le niveau de "subspace" que quelqu’un expĂ©rimente et les effets "d’isolementd" ne sont souvent pas dans un rapport de 1 pour 1.

    1. 1.

      Il est possible que quelqu’un ne remarque pas qu’il se trouve dans les premiers Ă©tats du subspace (prĂ©-subspace), mais, comme il reçoit encore certains produits chimiques, il peut dĂ©jĂ  ressentir des symptĂŽmes de sevrage. Ceci est similaire aux personnes qui ne remarquent peut-ĂȘtre pas qu’elles sont Ă©mĂ©chĂ©es, mais qui ont quand mĂȘme la gueule de bois. Cependant, la plupart des gens devraient reconnaĂźtre quand ils sont dans l’état physiologique "semblable Ă  la transe", qui est le vĂ©ritable subspace.

    2. 2.

      Certaines personnes ont dĂ©veloppĂ© une tolĂ©rance, et mĂȘme si les effets du subspace sont diminuĂ©s, elles ont toujours les symptĂŽmes de sevrage. De mĂȘme que les consommateurs habituels d’opiacĂ©s accumulent souvent d’énormes tolĂ©rances, tandis que leur corps en subit toujours les effets nĂ©gatifs. ‹Cependant, la plupart des gens qui connaissent bien le subspace Ă  ce niveau sont peu susceptibles de mal le repĂ©rer.

  • Sexe pendant le subspace : la rĂ©ponse presque garantie au sexe pendant le subspace, Ă  de rares exceptions prĂšs, est soit d’ĂȘtre non sexuellement rĂ©actif, soit d’avoir quittĂ© le subspace. Il semble que de nombreux groupes informent volontairement les soumis, qui sont pour la plupart des femmes, qu’ils "devraient" pouvoir avoir des relations sexuelles dans le subspace, ce qui est en grande partie faux et probablement intĂ©ressĂ©.

  • Orgasme pendant le subspace : Atteindre l’orgasme sexuel pour la grande majoritĂ© des gens nĂ©cessite une concentration sexuelle et une prĂ©sence dans son propre corps pour stimuler les rĂ©cepteurs sensoriels responsables de l’orgasme. Dans la phase prĂ©-subspace, la rĂ©ponse sexuelle et l’orgasme peuvent mĂȘme ĂȘtre amplifiĂ©s pour de nombreuses personnes. Cependant, Ă©tant donnĂ© que le vrai subspace est un Ă©tat physiologique "semblable Ă  la transe" conçu par l’évolution pour provoquer un dĂ©tachement du corps et des sens, une expĂ©rience hors du corps, la diminution des sensations et des sentiments et une perte "flottante" de la concentration, la plupart des gens trouveront extrĂȘmement difficile, voire carrĂ©ment impossible, d’atteindre un orgasme dans un subspace profond.

    • REMARQUE : Je suggĂšre fortement que les gens Ă©vitent d’essayer d’atteindre l’orgasme pendant un vrai subspace (le prĂ©-subspace peut convenir Ă  certains). En fait, j”ai Ă©crit la majeure partie de cet article parce que les groupes les plus populaires discutant du subspace sur Fetlife donnent des informations horribles sur l’atteinte de l’orgasme pendant le subspace. MĂȘme le groupe de subspace sur Fetlife, dont j’ai Ă©tĂ© expulsĂ©, dĂ©sinforme, principalement les femmes, en prĂ©tendant qu’elles "peuvent absolument avoir un orgasme dans le subspace", ce qui est faux sauf rares exceptions.

  • Adaptation : La trĂšs petite minoritĂ© de personnes qui peuvent atteindre l’orgasme dans le vrai subspace ont des corps qui gĂšrent les endorphines et l’adrĂ©naline de maniĂšre Ă  leur permettre de maintenir suffisamment de sensations et de concentration pour atteindre l’orgasme. Cependant, tout comme les athlĂštes qui ont du mal Ă  atteindre le "high du coureur" parce qu’ils se sont adaptĂ©s pour mieux faire face aux produits chimiques dans leur corps, souvent les personnes qui atteignent des orgasmes dans le subspace ne sont pas rĂ©ellement dans le subspace.

6. Du point de vue du ressenti des Dominants

DomZone/TopZone : Un Ă©tat psychologique (Ă©motionnel) altĂ©rĂ©, diffĂ©rent de la subzone, car c’est une des Ă©tapes prĂ©paratoires Ă  l’état de flow qu’est le DomSpace/TopSpace.

DomSpace/TopSpace : est un Ă©tat de flow, tel que dĂ©couvert par le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi en 1975 [x027], il n’est pas Ă©quivalent au "subspace" car il n’y a pas de surcharge chimique et rien pour la provoquer, mais il amĂ©liore les performances physiques et cognitives. Sur le plan anatomique, il se produit un passage de l’hyper-activitĂ© vers l’hypo-activitĂ©, ce qui amĂ©liore la concentration, et du traitement sĂ©quentiel en sĂ©rie (lent) du cortex prĂ©frontal, vers le traitement parallĂšle (rapide) des rĂ©gions limbiques, ce qui dĂ©clenche de nouvelles connexions crĂ©atives et spontanĂ©es entre les informations et les Ă©vĂ©nements. Sur le plan neurochimique, le flow libĂšre un cocktail trĂšs puissant de substances neurochimiques qui aiguisent nos capacitĂ©s et crĂ©ent des conditions de performance optimale, ce qui est Ă  l’opposĂ© du subspace.

REMARQUE : Être dans le TopSpace / DomSpace, d’un point de vue BDSM traditionnel, peut entrer en conflit avec le rĂŽle du dominant, qui est de contrĂŽler la scĂšne. [NDT: je ne comprends pas, c'est en contradiction avec le paragraphe prĂ©cĂ©dent]

DomDrop : De nombreux Tops/Dominants signalent avoir vĂ©cu un “DomDrop/TopDrop”, qui n’est pas Ă©quivalent Ă  un “subdrop” physiologique car il ne s’agit pas d’un sevrage chimique important. Encore une fois, peu de gens nient que les Tops/Dominants peuvent Ă©prouver une sensation de dĂ©pression aprĂšs une scĂšne, en particulier pour les sadiques profonds, mais c’est dans ce cas une expĂ©rience hormonale complĂštement diffĂ©rente de ce qui est vĂ©cu quelques jours plus tard par le soumis en subdrop – qui lui est littĂ©ralement un vrai sevrage chimique – qui a Ă©tĂ© dĂ©montrĂ© comme Ă©tant complĂštement diffĂ©rent de la descente ressentie immĂ©diatement aprĂšs une scĂšne.

“Lorsque le high descend et que le systĂšme nerveux parasympathique entre en jeu (pour contrer les effets des produits chimiques susmentionnĂ©s), un Ă©puisement profond, ainsi qu’une incohĂ©rence peuvent en rĂ©sulter.” (assibdsm, 2013)

“Il n’est pas difficile d’établir qu’il existe deux types diffĂ©rents de descente, en raison des diffĂ©rences dans l’expĂ©rience phĂ©nomĂ©nologique rapportĂ©e, le moment de l’apparition et les diffĂ©rents comportements que les gens utilisent pour faire face ou fournir des soins en rĂ©ponse aux expĂ©riences. Nous Ă©mettons l’hypothĂšse que la descente immĂ©diate aprĂšs la scĂšne , Ă  la fin d’une expĂ©rience BDSM intense et exigeante, peut reflĂ©ter divers changements hormonaux dĂ©crits par les explications rĂ©fĂ©rencĂ©es ci-dessus, par exemple, la phase d’épuisement d’une expĂ©rience de stress intense et aiguĂ«. simple changement d’adrĂ©naline et de cortisol, indiquant un besoin d’études plus empiriques sur la scĂšne/Top/sub drop, similaire au travail de Brad Sagarin et de ses collĂšgues qui ont Ă©tudiĂ© comment les scĂšnes BDSM affectent les niveaux de cortisol et de testostĂ©rone [x113] (Sagarin et al . 2009).”

Pour en savoir plus, veuillez lire Dominants In Domzone [F062].

Conclusion

Le subspace est souvent mal compris dans le monde BDSM car il est complexe, il n’est pas facile Ă  mesurer et il est confondu avec d’autres Ă©tats. Cependant, avec une approche structurĂ©e, la formation et la pratique du subspace peuvent ĂȘtre bien gĂ©rĂ©es.


Références

[x027] Flow – the psychology of optimal experience ; Csikszentmihalyi (1990)

[x031] Understanding Endorphins and Their Importance in Pain Management; Sprouse-Blum, Smith, Sugai, Parsa ; Hawaii Med J. 2010 Mar; 69(3): 70–71

[x113] Hormonal changes and couple bonding in consensual sadomasochistic activity. Archives of Sexual Behavior, 38, 186-200. Wiseman, J. (1996).

[x333] Missionary Travels And Researches In South Africa (chap. 1), Livingstone D. (1857)

Original par Master Arden, Just Friends·Jul 13, 2019