Original: https://fetlife.com/users/5413261/posts/7179751 (Master Arden, 06.08.2021)
NOTES : 1) Cet article CORE BDSM est écrit pour les personnes intéressées par le BDSM traditionnel, et non pour les personnes kinky qui confondent le “jeu de rôle kinky avec des éléments BDSM » et le véritable BDSM. 2) Cet article, comme la plupart des articles que je publie, est réservé aux amis, mais toutes les demandes d’amis seront acceptées. Maître Arden
Introduction
Le besoin d'organisation et d'ordre est fondamental pour le développement, le progrès et la survie de l'être humain. En règle générale, plus cet aspect est important, plus il est nécessaire et judicieux d'assurer de l'ordre et de la structure.
Le principe fondamental de l'ORDRE, propre au CORE BDSM, couvre trois domaines clés :
Termes et notions
Règles, rituels, protocoles, missions et commandements
Punitions et récompenses
Alors que les punitions et récompenses ainsi que les termes et concepts sont abordés spécifiquement dans d'autres articles, celui-ci se concentre sur les règles, les rituels, les protocoles, les tâches et les ordres.
Dans les relations humaines ordinaires, les règles, rituels, protocoles et comportements généraux — qu'ils soient formels ou informels — jouent un rôle important dans le fonctionnement des relations. Toutefois, dans les relations BDSM traditionnelles, ces éléments constituent des points d'ancrage essentiels : ils apportent clarté et sens tout en renforçant la satisfaction, le fonctionnement et la réciprocité, et représentent une condition fondamentale pour une pratique sûre et efficace du BDSM traditionnel.
Cet article traite spécifiquement des règles, rituels, protocoles, affectations et commandes et est organisé en plusieurs sections :
- 1.
Les raisons d'établir des règles
- 2.
Points communs aux règles, rituels et protocoles
- 3.
Définitions et exemples : règles, rituels, protocoles, commandements et missions
- 4.
Hiérarchie des règles
- 5.
Mise en place
- 6.
Conclusion
1. Raisons d'établir des règles
Il existe de nombreuses raisons potentiellement importantes pour établir des règles, des rituels et des protocoles ;
- 1.
Augmenter la sécurité et la réalité de la pratique BDSM,
- 2.
Apporter fierté et bonheur au soumis et au Dominant,
- 3.
Montrer de la bienveillance lorsque le soumis obéit et que le Dominant fixe et gère les règles,
- 4.
Permet de canaliser le soumis,
- 5.
Placer le cœur et l’esprit du soumis dans l’état d’esprit adéquat,
- 6.
Assurer que le soumis se comporte de manière à honorer son Dominant, le manque de respect est très mal vu,
- 7.
Permet au soumis de s'améliorer pour le Dominant,
- 8.
Présente le soumis comme un objet aimant, obéissant et beau aux yeux du Dominant,
- 9.
Suscite chez le soumis l'excitation et le bonheur de se sentir nécessaire, utile et disponible.
- 10.
Peut impliquer un large éventail d'aspects que le soumis doit améliorer et entretenir.
- 11.
Offre au soumis une structure et un objectif,
- 12.
Fournit au soumis des moyens d'atteindre ses objectifs et de plaire au Dominant.
- 13.
Permet au Dominant de régir certains aspects de la vie et du comportement du soumis.
- 14.
Permet au soumis de s’exprimer à travers le respect des règles.
- 15.
Procure fierté et bonheur au Dominant lorsque le soumis respecte les règles établies.
- 16.
Ancre la vie du soumis, non seulement en lui fournissant une structure quotidienne, mais aussi en l'aidant à organiser sa journée pour accomplir ces tâches.
- 17.
Donne aux soumis un sentiment d’accomplissement lorsqu'il les respecte, surtout dans un délai imparti,
- 18.
Instaure la confiance,
- 19.
Renforce la constance lorsque les règles sont systématiquement appliquées et suivies d'effet.
- 20.
Les règles témoignent de l’amour du Dominant.
- 21.
Donne force et sagesse aux soumis.
- 22.
Démontre au Dominant que le soumis le sert fidèlement.
- 23.
Renforce les projets du Dominant concernant la transformation du soumis.
- 24.
Fournit aux soumis des objectifs ainsi que les moyens de les atteindre.
- 25.
Façonne le soumis selon les désirs du Dominant.
- 26.
Améliore la vie du soumis, ainsi que celle du Dominant.
- 27.
Guide le soumis sur la bonne voie.
- 28.
Témoigne de l’amour et dess conseils du Dominant.
- 29.
Sont au cœur du développement et de l’épanouissement du soumis.
- 30.
Améliore la communication, notamment en discutant des barrières et des obstacles, comme les problèmes de santé.
- 31.
Invite le Dominant à faire preuve à la fois d'autorité et de compassion.
- 32.
Limite les oublis, qui représentent une rupture dans l'engagement et la confiance entre le Dominant et le soumis.
- 33.
Favorise la discipline et l'organisation du soumis en imposant le respect de règles, telles que l'établissement d'une liste de tâches quotidiennes, l'interdiction de se reposer avant d'avoir terminé ses obligations, ou encore l'obligation de ne pas veiller tard et de se lever tôt pour garantir une gestion sereine du temps.
- 34.
Rappelle au soumis de ne pas déplaire au Dominant.
- 35.
Prévoit les conséquences pour prévenir la dégradation de la relation.
- 36.
Procure aux soumis le sentiment de réconfort et d’amour,
- 37.
Offre au soumis l'occasion de faire plaisir au Dominant ; une fois ancrée dans son esprit, cette habitude peut devenir une seconde nature, au point que plaire au Dominant et lui obéir mobilisent tout le cœur du soumis.
- 38.
Instaure une structure et des modes de communication susceptibles de réduire la confusion et l'anxiété du soumis.
2. Points communs aux règles, rituels et protocoles
Dans le BDSM, les règles, rituels et protocoles partagent de nombreux points communs :
- 1.
Exigés : contrairement au Kink, dans le BDSM, ils sont requis pour TOUTES les activités BDSM et les relations D/s, car TOUT le BDSM repose sur le transfert d’autorité, qui à son tour repose sur des normes de comportement explicites,
- 2.
Intention : Ils servent des buts ou des objectifs spécifiques et sont donc adaptés au groupe, à la relation ou à la situation afin d’être pertinents. Malheureusement, le besoin de spécificité signifie souvent qu’il y a un manque de normes typiques qui pourraient être facilement utilisées et utilisées sans modification significative,
- 3.
Diversité : étant donné l’incroyable diversité du BDSM, ce qu’ils sont spécifiquement, comment ils sont mis en œuvre et gérés, et le niveau de rigidité ou de fluidité dépend souvent de nombreux facteurs, y compris des personnes impliquées,
- 4.
Consentement explicite : les règles, rituels et protocoles existent dans le monde vanille et Kink, mais dans le BDSM, ils sont explicitement discutés, négociés et consentis dans des codes de conduite et de comportement. De plus dans le BDSM, contrairement aux mondes vanille et Kink, une fois que le consentement est accordé et accepté, y compris sur tous les aspects de l’application et de la gestion, il s’agit d’un transfert d’autorité donc la rétractation unilatérale par le soumis est toujours une rupture de l’accord BDSM et soumis à une éventuelle sévère punition. REMARQUE : Le consentement dans le Kink N’EST PAS, et ne sera jamais, la même chose que le consentement dans le BDSM. Alors que le Kink a relativement peu de protocoles de consentement standard, le BDSM utilise des protocoles de consentement bien établis, tels que RACK et PRICK, qui sont discutés dans l'article Le risque est inhérent au BDSM.
- 5.
Standard : Une fois établis avec un soumis bien entraîné, ils sont destinés à être automatiques sans rappels ou directives spécifiques du Dominant.
- 6.
Autorité et mise en vigueur : contrairement au Kink, dans le BDSM, les règles, rituels et protocoles doivent être mis en vigueur, y compris en établissant le pouvoir d’émettre des récompenses et, plus important encore, de punir lorsqu’ils ne sont pas suivis (si le dominant ne peut pas récompenser ou punir, alors ce n’est pas une relation D/s) . Les violations des règles doivent souvent être discutées pour voir si l’échec était intentionnel, causé par des facteurs externes ou s’il a d’autres circonstances atténuantes avant que la punition ne soit administrée. Et s’assurer que la punition correspond au crime et quelle punition fonctionnerait le mieux pour corriger le comportement SANS causer de sentiments négatifs dans la relation, est vital. Cependant, même si un soumis a simplement oublié, il est généralement puni au niveau approprié, et le soumis est reconnaissant et apprécie le temps et les efforts du Dominant pour fournir la punition nécessaire.
- 7.
Commandements et missions : les commandements et les missions sont généralement mis en place au sein des règles, rituels et protocoles, mais ils peuvent intervenir comme des exceptions temporaires.
3. Définitions et exemples
Pour instaurer et maintenir efficacement l'ordre dans une scène ou une relation BDSM, un·e Dominant·e doit comprendre, identifier et différencier les règles, les rituels, les protocoles, les tâches et les ordres, puis établir une hiérarchie.
Chaque élément est détaillé dans cette section, mais un exemple simple peut s'avérer utile pour commencer :
“Plie mon linge tous les mardis” est une règle qui peut devenir un rituel si elle est répétée systématiquement sans modification pendant un certain temps,
“Plie mon linge chaque fois que tu viens chez moi” est un protocole car il établit un comportement en fonction d’une situation ou d’un lieu, en l’occurrence “chez moi »,
“Quand tu plies mon linge, tu ne parleras pas” est une règle qui peut aussi être protocolaire si elle est regroupée avec d’autres règles lors de la situation de “plier mon linge »,
“Plie mon linge ce mardi” est une mission car il s’agit d’une tâche unique qui ne se produit pas immédiatement, peut avoir plusieurs parties, mais a une date limite,
“Plie mon linge maintenant” est un commandement car c’est une tâche unique qui signifie que le soumis doit interrompre son comportement actuel afin d’accomplir la nouvelle tâche immédiatement.
3.1 Règles
Les règles sont des comportements exigés par défaut, qui peuvent avoir des exceptions (souvent, les exceptions font partie de la règle elle-même, même lorsqu’elles ne sont pas explicitement énoncées).
Exemple : Si un soumis doit s’adresser au Dominant avec le “Maître” honorifique, alors c’est une règle. Bien sûr, une exception pourrait être qu’il a la possibilité d’utiliser le titre “Dady”, par exemple, lors des câlins.
Voici quelques suggestions pour établir des règles :
Commencez par déterminer l’objectif à atteindre et établissez des règles qui aideront à les atteindre,
Limitez le nombre des règles et fournissez-les de manière organisée, afin qu’elles ne soient pas écrasantes,
Soyez précis et laissez du temps au soumis pour s’habituer aux nouvelles règles avant d’appliquer les sanctions, en particulier pour les règles les plus difficiles,
Ajustez les règles qui ne fonctionnent pas comme prévu ou de la manière la plus avantageuse,
Mettez en œuvre quelques règles à la fois jusqu’à ce qu’elles deviennent une habitude. Cependant, assurez-vous que cela ne devienne pas une habitude routinière qui se fait sans réfléchir et sans y porter l’importance appropriée en les modifiant légèrement si nécessaire pour les garder pertinentes.
REMARQUE : En général, un groupe de règles qui prend effet en fonction d’une situation spécifique est un protocole et une règle qui est appliquée de manière cohérente et répétitive quelle que soit la situation est un rituel.
3.2 Rituels
Tout au long de l’histoire et dans la psychologie moderne, les rituels ont été utilisés pour réduire l’anxiété, augmenter la confiance et produire un sentiment de gratitude et de respect. Le célèbre anthropologue Bronislaw Malinowski a abondamment écrit sur le fait que les rituels peuvent réduire l'anxiété et apporter de la structure.
Dans le BDSM, un Rituel est un type de règle où le Dominant demande au soumis d’effectuer une ou plusieurs actions ou comportements successifs à plusieurs reprises, de manière similaire, généralement à un moment et à un endroit désignés afin d’induire un certain sentiment ou un état d’esprit spécifique.
REMARQUE : Alors que les protocoles sont des groupes de règles pour des situations particulières ou des interactions sociales, les rituels ont tendance à être des actions ou des comportements définis qui sont répétés encore et encore, quelle que soit la situation.
Alors que les rituels peuvent être formels ou informels, publics ou privés, ou de longue ou courte durée, ils servent des objectifs spécifiques, qui soutiennent et nourrissent les besoins du soumis au sein de la dynamique D/s, notamment :
Enseigner l’obéissance et la soumission,
Établir l’état d’esprit voulu,
Réaffirmer les aspects spécifiques des rôles du dominant et du soumis,
Mettre l’accent sur la concentration et le sens du but [de la soumission],
Augmenter le caractère sacré de la relation D/s,
Apporter du calme et du recentrage,
Renforcer le lien et approfondir la connexion [entre D/s],
Encourager un sentiment de pleine conscience dans la vie de tous les jours,
Renforcer le sens du but [de la soumission],
Éveiller de nouvelles envies,
Fournir une connexion lorsque Dominant et soumis sont séparés
Exemples:
Rituel de salutation : Le rituel de salutation ou du retour à la maison fréquemment observé peut être un bon moyen d’aider à passer d’une journée de travail chargée à son rôle de soumission. Le soumis rencontre le Dominant à la porte, adopte une position spécifique (comme à genoux, la poitrine appuyée contre le sol, les mains tendues et croisées, le front appuyé contre le dos des mains), attend que le Dominant s’adresse à lui avant d’adopter une position agenouillée droite et embrasser les pieds des Dominants suivis d’un accueil, tel que “Bienvenue à la maison, Maître. Tu m’as manqué, Maître”.
Rituel de méditation : Un rituel de méditation sur la soumission suivi au lever le matin et avant de se coucher à propos de pourquoi le soumis veut être soumis, pourquoi il a choisi d’être soumis et pourquoi il veut être soumis à son Dominant.
Rituel en Mantra : Un soumis peut répéter un mantra quand 1) tout au long de la journée ou à certains moments de la journée, par exemple à l’heure de chaque heure, peu importe où se trouve le soumis ou ce qu’il fait ; 2) Certaines pensées traversent l’esprit du soumis, comme une pensée négative, 3) Le soumis ressent une certaine sensation ou émotion pour soit renforcer un sentiment désiré (par exemple, la soumission), le modifier (par exemple, l’excitation), ou le calmer (par exemple, ressentir de l’anxiété ou être submergé), ou 4) Certaines actions sont effectuées, comme franchir une porte ou faire la queue.
Servir : voici une catégorie très large de rituels. Il y a des dizaines de fois où un beau rituel de service serait une grande amélioration pour une relation. C’est peut-être après le dîner que vous êtes prêt à vous détendre en compagnie l’un de l’autre. Le soumis peut développer son propre style de service du café, du thé ou d’autres boissons dans un beau rituel de service.
Pré-sexuel : Encore une fois, l’un des moments qui invite à un rituel est lorsque le Dominant a généralement une position ou une action qu’il a établie et qui indique qu’il souhaite une activité sexuelle. Sur un signe de leur part, le soumis commence une routine standard pour se présenter aux préliminaires de l’intimité sexuelle. Cela peut impliquer que le soumis s’expose d’une certaine manière, s’habille ou se déshabille de la manière attendue, offre son corps d’un certain nombre de façons. C’est une question de préférence personnelle sur la façon dont cela est accompli.
Autres rituels : Il n’y a littéralement aucune limite et peut inclure un rituel de dédicace dit pendant l’allumage des bougies, demander la permission d’entrer dans le lit du Dominant, préparer du café chaque matin pour le Dominant, envoyer un e-mail « bonne nuit » chaque jour avant le coucher, se préparer pour la journée. Rituels, rituels de bain, rituels d’habillage, rituel de démarrage de scène/collier, etc…
3.3 Protocoles
Les protocoles sont des ensembles de règles à respecter, ou des codes de conduite, qui régissent le corps, le comportement et l’attitude en fonction d’un lieu particulier, à certains moments ou dans certaines situations. En d’autres termes, le comportement qui est une réponse à des situations spécifiques utilisant des paramètres prédéterminés est un protocole, ce qui varie souvent considérablement en fonction non seulement du niveau du soumis, qui est discuté dans Guidance for submissives [F079], mais aussi des spécificités du transfert d’autorité ou de la scène.
REMARQUE : Les protocoles sont généralement un ensemble de règles basées sur des événements ou des situations, mais ne se produisent généralement pas de manière régulière ou répétitive, comme le font les rituels.
Protocole courant : un ensemble de règles généralement destinées à une utilisation quotidienne plus décontractée, qui contiennent souvent des variations pour les sorties en public,
Protocole bas : un ensemble de règles plus formelles et spécifiques pour les événements BDSM ou les moments passés ensemble. Peut inclure des variations pour les jeux de scène,
Protocole élevé : un ensemble de règles très formelles, spécifiques et appliquées strictement.
Les groupes sociaux peuvent avoir des protocoles, par exemple une communauté BDSM utilisant des protocoles établis pour les manières et l’étiquette peut imposer d’appeler tous les dominants “Sir”, de ne pas parler au soumis d’un dominant sans d’abord obtenir la permission de ce dernier, etc… Puisqu’il s’agit d’un “ensemble de règles” pour une situation spécifique, ce sont des Protocoles.
Un autre protocole habituel est celui du consentement. Alors que les communautés publiques utilisent souvent le SSC ou une autre méthode comme “protocole de consentement” pour le kink, il est inefficace pour les personnes BDSM, qui utilisent généralement RACK et/ou PRICK.
Mais surtout, des modèles plus avancés de protocoles et d’honorifiques sont nécessaires dans les relations D/s car le transfert d’autorité crée une dynamique où le comportement de chacun doit être mieux défini. De plus, la mise en oeuvre de tels protocoles établit la dynamique interpersonnelle et les rituels qui ont lieu dans la relation.
Voici quelques exemples:
Protocoles de discussion : ce sont des règles qui établissent la manière de parler d’un soumis, ce qui comprend les titres honorifiques pour son Dominant (Maître, Monsieur, Déesse, etc.), comment le soumis se réfère à lui-même (au lieu de “je” ou “moi”, “Cet esclave” ou ” Votre soumis”), limitant l’utilisation de certains mots (ex. pas de jurons), etc…
Restrictions de contact avec les yeux : le soumis doit détourner son regard du dominant, sauf instruction contraire, et diriger sagement ses yeux vers le sol, plutôt que de regarder quelque chose ou de regarder dans le vide,
Protocole d’apparence : Doit recevoir la permission de Dominant sur l’apparence ou la mise en scène,comme la coiffure, le maquillage, les vêtements ou les sous-vêtements,
Protocoles de position : comment, où et quand un soumis doit être positionné conformément à son dominant. ) [c’est à dire. un soumis doit toujours se tenir debout et s’asseoir à gauche de son dominant]. Cela peut également inclure des positions d’esclaves couramment pratiquées, dont ma préférée est le Lexique de Restrained Elegance [x337].
Protocoles corporels : cela peut inclure par exemple des règles comme pas de masturbation sans permission et/ou pas d’orgasmes sans permission du Dominant
Protocoles de service : le soumis effectue certaines tâches, d’une manière très spécifique, comme faire du café.
Protocoles d’inspection : Le soumis doit se préparer avec beaucoup d’attention avant l’arrivée du dominant, ce qui peut inclure un bain, porter du parfum, s’habiller d’une certaine manière, insérer un plug anal, se masturber jusqu’à ce qu’il (elle) soit mouillé(e) / dur(e) / prêt(e), etc.
Protocoles de présentation : Le soumis doit prendre soin de se conduire de certaines manières, par exemple, se tenir droit, toujours utiliser ses deux mains lorsqu’il donne quelque chose au dominant, toujours se tenir les mains derrière le dos lorsqu’il ne fait rien d’autre, ou toujours se souvenir de s’agenouiller pour se présenter à son dominant. Les règles de conduite suivies par les serveurs dans les restaurant constituent un bonne approche.
Protocoles d’autorisation : Le soumis ne doit pas entreprendre certaines actions ordinaires sans autorisation, comme utiliser la salle de bain, obtenir l’autorisation de parler au dominant avant de le faire, demander l’autorisation avant de jouir ou attendre la permission avant d’avaler du sperme.
Protocoles au repos : Lorsqu’il ne fait rien de précis, le soumis est invité à retourner à un endroit spécifique ou à adopter une posture spécifique jusqu’à ce qu’il lui soit dit le contraire ou qu’il soit renvoyé. Certains dominants préfèrent garder les soumis à l’écart, comme dans un coin de la pièce, ou à portée de main afin de pouvoir être servis si nécessaire.
Protocoles concernant les meubles : le soumis doit remplir la fonction de meubles de manière spécifique, par exemple, une table.
Protocoles divers : protocoles de prise de décision, protocoles sexuels, protocoles d’accès aux dominants, protocoles de salle de bain, etc….
3.4 Commandements
Les commandements sont des ordres concernant une action spécifique et immédiate qui doit généralement être exécutée dans les limites des règles, protocoles et rituels établis. Cependant, les commandements nécessitent souvent de nouvelles instructions explicites, qui peuvent temporairement remplacer les rituels, protocoles ou règles établis.
Par conséquent, un commandement peut être une exception qui a préséance sur d’autres règles, protocoles et rituels s’ils sont en conflit, mais, dans ces cas, les protocoles, rituels ou règles établis doivent être repris une fois la commande exécutée.
Exemple : Un Dominant peut ordonner à un soumis de rester nu, même si le protocole dicte le port d’un uniforme, ou de s’adresser à lui comme “Sir” pendant un certain temps, même si la règle ou le protocole est d’utiliser “Maître”.
Un exemple plus complexe serait si un dominant ordonne au soumis de lui apporter un verre d’eau, c’est un ordre. Si le soumis se tenait dans une certaine position/posture, selon le protocole, lorsque le commandement a été émis, alors le commandement remplacerait temporairement le protocole. Si en revenant avec l’eau, le soumis s’incline et présente le verre d’eau selon les règles de comportement établies, alors il a exécuté le commandement dans le cadre du protocole établi, comme il convient.
3.5 Missions
Les missions sont des tâches confiées à un soumis qui diffèrent d’un commandement en ce sens qu’elles :
Ne peuvent généralement pas être accomplies immédiatement, mais prennent généralement du temps ou plusieurs étapes pour être terminées,
Doivent être terminées dans un délai précis ou à une date précise,
Fournissent une récompense pour leur réalisation ou une punition en cas d’échec. S’il n’y a pas de conséquence liée à la réalisation de la tâche, directement ou indirectement, alors ce n’est pas une tâche, c’est une suggestion.
Nécessitent une réflexion et une prise de décision indépendante [du Dominant]. Le fait d’exercer des choix est un élément essentiel d’une mission car il exige que le soumis fasse des choix concernant le moment et/ou la manière dont la tâche est accomplie. S’il n’y a pas de choix à faire, alors ce n’est pas une mission, c’est un ordre, un protocole ou une règle.
4. Interdépendance et hiérarchie des consignes
Afin de réduire la confusion, les conflits et les erreurs, le Dominant doit comprendre : 1) les interdépendances et 2) la hiérarchie des règles, rituels, protocoles, attributions et ordres, en particulier lorsqu'une règle, un rituel ou un protocole est ajouté, supprimé ou modifié.
Quelques interdépendances courantes à prendre en compte :
Un élément dépend-il d'un autre ?
Y a-t-il un conflit avec ce qui est déjà appliqué en pratique ?
Existe-t-il des situations spécifiques où un élément pourrait en affecter un autre ?
Existe-t-il des dates ou des moments précis où un élément pourrait en affecter un autre ?
Les punitions et les récompenses sont-elles appropriées ?
REMARQUE : Il peut y avoir bien d'autres interdépendances à prendre en compte ; toutefois, à mesure que celles-ci se multiplient, le temps, l'attention et la gestion nécessaires augmentent également.
Une structure hiérarchique courante à envisager :
- 1.
Commandements (prioritaire)
- 2.
Missions
- 3.
Protocoles
- 4.
Rituels
- 5.
Règles
Dans ce cas, les règles sont au plus bas niveau d’autorité et cèdent le plus facilement, tandis que les commandements ont le niveau d’autorité le plus élevé et s’imposent à tout le reste. Les conflits entre les rituels et les protocoles sont souvent les plus difficiles à résoudre, mais c’est la priorité au protocole qui souvent fonctionne le mieux.
Mise en place
Voici 10 conseils pour créer des règles, rituels, protocoles et tâches, les recommandations les plus pratiques et concrètes pour bien démarrer :
- 1.
Choisissez judicieusement : ne retenez que les règles, rituels et protocoles qui reflètent des valeurs ou des objectifs partagés, qui résonnent sur le plan émotionnel et qui ont le plus d'impact sur la relation.
- 2.
Communiquez : la personne dominante doit veiller à ce que la communication soit efficace, notamment pour garantir la compréhension et permettre les retours (feedback). Cela inclut la possibilité de discuter de l'instauration de nouvelles règles, rituels et protocoles, ou de la suppression ou modification de ceux qui existent déjà.
- 3.
Mettez-les par écrit : consigner les règles, rituels, protocoles et tâches par écrit facilite leur gestion ainsi qu'une communication plus efficace et cohérente, surtout sur la durée.
- 4.
Commencez simplement et en douceur : débutez avec un nombre restreint de règles, rituels et protocoles simples.
- 5.
Évoluez avec discernement : élaborez de nouvelles règles, rituels et protocoles plus complexes en fonction des capacités de la personne soumise et de ce qui fonctionne le mieux pour la relation.
- 6.
Fixez des dates et des horaires : déterminez la date et l'heure de prise d'effet ainsi que, si nécessaire, la date et l'heure de fin pour chaque règle, rituel ou protocole.
- 7.
Prenez en compte les interdépendances et les hiérarchies : assurez-vous que les interdépendances et les éventuels conflits liés à l'ajout, à la suppression ou à la modification d'une règle, d'un rituel ou d'un protocole sont bien compris et communiqués, le cas échéant.
- 8.
Faites preuve de cohérence : appliquez, faites respecter et renforcez les règles, rituels et protocoles de manière constante.
- 9.
Adaptez-vous si nécessaire : soyez attentif à l'évolution des circonstances et modifiez, supprimez ou instaurez des règles, rituels et protocoles selon les besoins.
- 10.
Faites respecter : assurez le respect et l'application des règles, rituels et protocoles grâce à la mise en place d'un système de punitions et de récompenses cohérentes, établi et communiqué.
Conclusion
Le besoin d'ordre et de structure — incluant règles, rituels, protocoles, tâches et ordres — peut non seulement propulser une relation D/s vers de nouveaux sommets, mais constitue également une exigence fondamentale pour une pratique BDSM sûre et efficace, ainsi qu'un principe clé du CORE BDSM.
Tout d'abord, les Dominants doivent comprendre la nature des règles, rituels, protocoles, tâches et ordres. Il leur faut en saisir les points communs — notamment la nécessité d'une communication explicite et d'un consentement, le fait qu'ils répondent à des objectifs précis, leur exécution automatique, leur caractère contraignant (via récompenses et punitions) et leur capacité à s'effacer temporairement au profit de tâches ou d'ordres spécifiques — tout en en comprenant les différences. Ensuite, il est nécessaire d'établir une hiérarchie pour faciliter la gestion des conflits.
Plus important encore : le voyage de mille lieues commence par les 10 conseils simples pour se lancer.
Original par Master Arden, Just Friends·Aug 6, 2021
Références
[x337] https://www.restrainedelegance.com/preview/lexicon1/icons/
[F079] Guidance for submissives