17h21, l’hiver, entre chien et loup. J’avance sur cette route où chaque pas m’éloigne de la ville et me fait avancer vers la nuit. Les bus m’éblouissent dans la montée que j’entame d’un pas rapide (je marche toujours vite, trop vite, et je trouve cela pas du tout féminin). Ils semblent être les seuls contenants d’une humanité rassurante à l’opposé du gouffre de solitude vers lequel je me rends.

Il fait froid mais je ne le sens pas. C’est à cause de ce pas actif, de cette appréhension silencieuse et des questions que je me pose face à ce nouveau défi que je m’impose. Je ne sais pas si c’est par amour, par volonté de me dépasser, de me perfectionner, d’éblouir celui qui est le cœur de ma vie. C’est sûrement tout cela à la fois. Je n’ai pas à avoir peur puisqu’il assure ma sécurité et puisque ma confiance en lui est sans limites. Mais là, je repousse quand même certaines limites. Il paraît que les numéros 7 et 18 faisaient partie des choses que je ne tolérais pas il y a quelques années. Comme quoi, on fait parfois du chemin à notre insu…

Il fait totalement nuit désormais. Les voitures se font rares. Et chacune qui passe m’électrise d’effroi. Et s’il n’arrivait pas dans les temps… si quelqu’un s’arrêtait vraiment… si quelqu’un surgissait là tout de suite de n’importe où ? Je suis complètement irresponsable de marcher seule au bord de la route dans ce hors champ lugubre. J’ai la gorge nouée et le cœur qui bat dans les tempes, le regard droit devant avec la conscience que le danger est autant devant que derrière désormais. Aucune échappatoire. Là je ne suis pas dans la simulation de l’enlèvement. Je le vis dans une appréhension totale. Je veux que sa voiture arrive et je le redoute en même temps de toutes mes forces. Je suis épuisée de tant d’efforts et de lutte intérieure alors que ce n’est que le début. Je veux sortir de l’enfer des possibles que tant d’autres femmes ont vécu en vrai…. c’est un cauchemar sordide dont Il doit venir me délivrer. L’imagination emmène loin très très vite…

Mon Maître a une aura surnaturelle qui jaillit de son corps et que je perçois à distance, comme une enveloppe de sécurité absolue que je ressens profondément. Je suis tétanisée mais là, je sais que c’est lui. Je retrouve la confiance qui me fait dire que jamais, jamais il ne me ferait courir le moindre risque et qu’il était dans le contrôle de la situation même quand je me sentais dans la plus grande zone d’insécurité. Il est mon héros. Mon roi. Et c’est pour cela que je suis à lui. C’est pour cela que je m’engage à vivre ces situations extrêmes qui lui prouvent à la fois la confiance et l’immense amour que j’ai pour lui. 

Ce que je fais pour lui aujourd’hui, je ne le ferais avec et pour personne d’autre. Tout cela sera notre œuvre. A tous les deux. 

La voiture s’arrête et la portière claque. Je continue de marcher sans me retourner. Je n’ai plus le temps de penser. Il m’attrape fermement les bras. Je cherche ses yeux. Une demie seconde pour enfoncer mon regard dans le sien, être sauvée, et enlevée. 

Je tremble du contrecoup de tous ces scénarios dans ma tête, prête à entrer en scène maintenant. Il me maintient et m’attache les poignets dans le dos, me bâillonne la bouche (ce que je déteste par dessus tout tant je suis claustrophobe mais bon, la boule de bondage doit être encore plus horrible à supporter). Et je ne sais pas comment je  me retrouve couchée sur la banquette arrière, avec la tête qui tourne en même temps que la voiture démarre, la sueur et le froid de la nuit collés à mes vêtements.

Je suis deux. Et une à la fois. L’une lâche prise et l’autre vit son rôle à fond dans la peur et l’angoisse de l’inconnu. L’une, souvent dans le contrôle, donne l’autorisation à l’autre de vivre cette fiction totalement. Je me sens en cet instant l’actrice la plus sublime capable de faire vivre à son Maître ce que tant d’autres rêveraient de vivre. La deuxième finit par faire taire la première et c’est très bien ainsi. 

J’ai l’impression que la voiture file à vive allure, fendant la nuit d’un parcours inconnu, d’une conduite inhabituelle. Je m’aperçois que j’ai aussi un foulard sur mes yeux, je n’ai plus aucun repères. Le silence immense me coupe de toute tentative de lien réconfortant avec mon ravisseur. Il n’y a que la nuit devant, et une inconnue de taille : ce qui se trame dans sa tête. La peur me reprend, tenace. Et s’il se prenait au jeu ? Et s’il perdait le contrôle. Tais toi Alyssanne 1 bordel !!! c’est Alyssanne 2 qui est en piste.

La voiture s’arrête. Il me sort de là avec une brutalité qui m’est étrangère et que je redoute, tant je hais la violence. Je n’ai plus la force de penser, seulement de m’exécuter en silence. On est quelque part dehors, les feuilles craquent sous mes pieds qui foulent une terre meuble. J’ai l’impression que je vais tomber à chaque pas tant la privation de la vue brouille les repères habituels. Enfin un tronc d’arbre, quelque chose de stable dans ce vascillement du monde. Je ne supporte plus d’avoir les mains attachées, j’en ai envie de hurler, de pleurer, de tout arrêter. Je me débats pour signifier que je ne supporte plus ces liens à mes poignets.

– Maintenant tu vas faire tout ce que je te dis.

Il  m’empoigne les cheveux pour me mettre à genoux et enfonce ses doigts dans ma bouche  comme on inspecte un lieu avant d’en prendre possession. Presque sans transition, je sens la chair brûlante de sa bite dressée sur mon visage, mouillée sur mes lèvres, et sans transition encore là voilà poussée au fond de ma gorge à m’étouffer. Je veux reprendre souffle. Je veux respirer. Je veux …

– Tu vas répéter plusieurs fois ces mots : je suis une salope. Je suis une petite salope. Je suis ta salope ici, maintenant.

– Je suis une salope, je suis une petite salope, je suis ta salope

– C’est bien. Suce-moi, salope !

D’un geste brusque il dégage le bandeau qui cachait mes yeux. Il les découvre brillants, maculés de noir de khôl qui a fondu sous les larmes jaillissant malgré moi à chaque coup de bite au fond de la gorge.

Je lève ces yeux noirs vers lui.

Ses yeux à lui sont mes étoiles dans la nuit.

Et il est tout à la fois mon Maître, mon ravisseur et mon agresseur. Il baise ma bouche sans ménagements, m’imprime son rythme de sa main ferme en prise à mon épaisse chevelure. J’ai l’impression de suffoquer, d’avaler sa queue comme une épée qui irait fouiller jusqu’au fond des entrailles. Puis il se retire brusquement, peut-être pour calmer la furie de désir qui l’entraîne vers un plaisir trop fulgurant. Il s’arrête et me regarde, haletante et reprenant souffle, fier de cette sorte de torture érotique imposée. 

J’aspire à un peu de douceur et de répit. A l’abandon au désir de cette queue que je vénère entre toutes et que je ne me lasserai jamais d’honorer. Elle est ma délectation absolue. Elle sait la douceur mouillée de ma langue qui la lèche, l’enserre, la taquine, l’accueille. Et ma langue sait son infinie délicatesse sensorielle. Je suis à genoux et elle est mon totem. Je voudrais la reprendre, l’enserrer de mes lèvres, la sucer en douces circonvolutions… faire de mon mieux sans l’aide de mes mains, toujours attachées. Ce répit semble durer une éternité. Je sens soudain le froid qui remonte du sol et ces petits cailloux qui me font tellement mal aux genoux. Je me réveille et me rappelle à la nuit, à l’enlèvement et à mon rôle immédiat. Je lève les yeux juste pour dire :

– Fais ce que tu veux

– Vraiment ?….

– Oui

A ce moment, il me présente son sexe comme un trophée à fleur de visage. Mes lèvres effleurent son gland dont le galbe  parfait m’excite. Je le lèche doucement et, et soudain… un liquide chaud en jaillit sans prévenir… il pisse dans ma bouche que j’ouvre grand pour accueillir ce jet d’urine qui le soulage des bières bues en début de soirée. Je suis surprise et fière à la fois d’expérimenter sans que ce soit vraiment prévu un nouvel élément de la liste…. Je me rends compte que tout ce qui a trait à sa queue est objet de délectation… je découvre ce nouvel élixir au goût puissant et à l’odeur prononcée. Je n’avale pas tout pour le plaisir de me laisser inonder par ce liquide brûlant en regard du froid de la nuit. De ma bouche, l’urine coule dans mon cou, imprègne mes vêtements. L’expérience est si surprenante et inattendue que je mouille à peine aussi ma petite culotte, à mon insu.

Il me relève et me plaque à nouveau au tronc d’arbre. Sa queue ferme et dressée contre mes fesses. Le bruit de cran d’arrêt du couteau me glace. Parce que c’est mon Maître, je me calme et prends une grande inspiration. Je joue une scène de rape play et je dois l’assumer jusqu’au bout. D’un geste, il fait sauter les liens qui meurtrissent mes poignets. De la main gauche, il m’appuie contre le tronc au niveau des omoplates, tout en saisissant le tissu de ma robe, et de l’autre main, dans un geste parfaitement maîtrisé, il  entaille ma robe de haut en bas, puis fait sauter mon slip d’un autre coup de lame. Quelques perles de sang gouttent dans mon dos mais c’est juste l’égratignure qu’il faut. La signature du Maitre. Des cordes qui sortent de je ne sais où me contraignent désormais à un corps à corps avec l’arbre, mains en l’air et coudes au carré cette fois, complètement captive à nouveau. Je sens la morsure de ses dents dans mon cou, sur mon oreille droite qui reçoit ces mots sans ambages :

– Je bande et je vais te violer, je vais te baiser ma salope

Et d’un coup de rein brutal, il enfonce sa bite redevenue énorme dans ma chatte trempée. Je voudrais le retenir entre mes cuisses serrées mais…

– J’aime ton cul tu sais

Sans avoir le temps de réfléchir, il s’enfonce profondément dans mes fesses avec fougue, je n’ai pas le temps de m’ouvrir, je hurle de douleur et il baise baise baise mon cul autant qu’il peut. Il attrape mes fesses à pleines mains, les frappe, me griffe. Puis se fige en moi pour ne pas sombrer. Pas tout de suite. Mon cœur bat au-delà de mon corps. Je ne pense plus à rien. Je suis au-delà de moi même. Tout de cette nuit est surréaliste.  Puis il recommence plus doucement, en profitant je le sens, de chaque va et vient au plus profond de moi. De cette douceur brûlante, étroite. Ce rythme plus lent m’ouvre aux sensations et au plaisir réapprivoisé. J’aime sa queue où qu’elle soit en moi. Elle est souveraine dans mon corps, toute puissante. La seule au monde à avoir un absolu laissez-passer. 

Nos cœurs battent à tout rompre. Son cri dans la nuit provoque ma jouissance qui enserre sa queue de spasmes puissants. Je défaille de plaisir sous ses mains fermes et douces à la fois, qui plus tard me détachent. Et j’aime l’ultime sensation de son sperme précieux qui s’écoule de mes fesses meurtries.  

Alyssanne - 17 Août 2020